Loi Jeanbrun : vers un nouveau statut du bailleur privé

Face à la crise du logement et à la chute de l’investissement locatif, le député Vincent Jeanbrun a porté une réforme ambitieuse visant à créer un véritable statut du bailleur privé.

L’objectif est simple : redonner envie aux particuliers d’investir dans le logement locatif en leur offrant un cadre fiscal plus attractif et plus lisible.

Depuis la présentation du projet initial, plusieurs assouplissements importants ont été votés à l’initiative de la ministre du Logement, Valérie Létard, afin de rendre le dispositif plus accessible.

Pourquoi une réforme ?

Depuis plusieurs années, les investisseurs se détournent progressivement du marché locatif.

Hausse des taux d’intérêt, durcissement des règles énergétiques, augmentation de la fiscalité, disparition progressive du dispositif Pinel : autant de facteurs qui ont contribué à freiner les projets d’investissement.

Le statut du bailleur privé vise donc à recréer un cadre favorable pour encourager la mise sur le marché de logements destinés à la location.

Le principe : l’amortissement du logement

La principale nouveauté du dispositif repose sur la possibilité d’amortir fiscalement le bien immobilier.

Contrairement au Pinel, qui accordait une réduction d’impôt, le nouveau mécanisme permettrait de déduire chaque année une partie de la valeur du logement des revenus fonciers imposables.

Ce fonctionnement, déjà connu dans certains régimes comme la location meublée, permettrait de réduire durablement la fiscalité des propriétaires bailleurs.

Les logements concernés

Le dispositif a vocation à s’appliquer :

  • aux logements neufs ;
  • aux logements anciens faisant l’objet de travaux ;
  • aux logements destinés à la location longue durée.

L’objectif est de favoriser à la fois la construction neuve et la remise sur le marché de logements existants.

Les assouplissements apportés par Valérie Létard

Le projet initial avait été jugé trop restrictif par de nombreux professionnels de l’immobilier.

Plusieurs modifications importantes ont donc été adoptées :

  Retour des maisons individuelles anciennes

   Alors qu’elles étaient initialement exclues du dispositif, les maisons individuelles anciennes pourraient désormais bénéficier du statut du bailleur privé.

   Cette évolution élargit considérablement le nombre de biens concernés, notamment dans les villes moyennes et les zones rurales.

  Fin du seuil minimum de travaux

   Dans sa version d’origine, le texte imposait un montant minimum de travaux représentant 30 % du prix d’acquisition du bien.

   Cette condition a été largement assouplie puis supprimée lors des débats parlementaires.

   Le dispositif pourrait donc devenir accessible même pour des rénovations plus modestes.

  Critères énergétiques assouplis

   Les exigences de performance énergétique ont également été revues afin de tenir compte des difficultés rencontrées dans certains logements anciens.

   L’objectif est de favoriser la rénovation sans exclure une grande partie du parc immobilier existant.

Quels avantages pour les investisseurs ?

Si le texte est définitivement adopté, il pourrait permettre :

  • une baisse significative de la fiscalité des revenus locatifs ;
  • une meilleure rentabilité des investissements ;
  • une relance de l’investissement dans l’ancien ;
  • une augmentation de l’offre de logements disponibles à la location.

Où en est le projet aujourd’hui ?

Le principe du statut du bailleur privé a été intégré à la loi de finances 2026, mais plusieurs aménagements proposés par Valérie Létard poursuivent encore leur parcours législatif.

Des ajustements restent donc possibles avant l’entrée en vigueur définitive du dispositif.

Une chose est néanmoins certaine : cette réforme pourrait constituer l’une des évolutions les plus importantes de la fiscalité immobilière de ces dernières années et modifier en profondeur les stratégies d’investissement locatif.